VOILES DE SAINT-TROPEZ, tout le monde sur l'eau


Moment attendu et guetté avec passion par profanes ou habitués, l’envahissement bon enfant du golfe de Saint Tropez ce matin par les 300 voiliers des Voiles de Saint Tropez, tous, Modernes et Classiques, invités à régater sur leurs “ronds” respectifs. Sous un grand soleil, Saint Tropez a renoué avec ces instants magiques, quand près de 130 années d’histoire maritime et navale exposent harmonieusement leurs créations en un ballet tout en grâce et en esthétisme. Et si l’été qui joue les prolongations sur la Méditerranée ne ne favorisait guère l’arrivée d’Eole, cette première journée de régates pour toutes les classes engagées a offert une large revue des effectifs, et la découverte d’un certain nombre de nouveaux venus. Les habitués n’ont eux pas tergiversé pour reprendre leurs marques, et c’est sans surprise que les Rowdy (Herreshoff 1916), Elena (plan Herreshoff 1911), Moonbeam IV (Fife 1914) ou le sublime Tuiga (Fife 1909), habitués des podiums tropéziens, brillaient dès les premiers bords sous le Portalet.



Les Voiles de Saint-Tropez
Les Voiles de Saint-Tropez
Elena dans le bon tempo
Sept à Huit noeuds de vent baignaient la ligne de départ de cette édition du trentenaire des Voiles quand peu après 13 heures les 115 voiliers de tradition dûment répertoriées en 4 classes distinctes étaient invités à en découdre sur un parcours triangulaire désormais classique vers la pointe des Issambres et le Lion de Mer, avec retour dans le golfe via le cap de Saint Tropez. Un peu plus de 15 milles de course à négocier au rythme des caprices d’un vent semblant fuir ostensiblement le large pour rester cantonné à la côte et au Golfe. Un régime dont Elena, l’immense (plus de 50 mètres hors tout) et majestueuse goélette s’accommodait avec une déconcertante aisance, bien calée sur son aire et toutes voiles dehors. Plus en retrait mais parfaitement placés, Moonbeam IV et Tuiga reprenaient un pas de deux bien connu aux Voiles. Les deux 15 m JI, “sisterships” de Tuiga, Mariska et The Lady Anne, un tantinet moins moins inspirés sur le départ recollaient pourtant avant la Seiche et offraient le spectacle attendu et espéré de croisements et bords à bords d’un autre temps entre voiliers d’une même famille...
Les nouveaux venus aux Voiles, et ils sont nombreux, ont tenu à se distinguer, et on observait dès le départ les Runa IV, petit yawl aurique Danois, les beaux yawls signé Sparkman&Stephens, Skylark et Manitou très à leur avantage. Runa IV avec Bruno Troublé à la barre tentait même un départ bâbord quelque peu culotté.

Aperçu sur A pour les Modernes...
Aperçu sur A ; le signal redouté de tous les régatiers, synonymes d’annulation des courses, a été envoyé sur le bateau comité des voiliers Modernes. Le rond défini pour ces unités récentes réparties en 4 Groupes IRC et situé à l’extérieur du golfe, au plus près de la bouée de la Nioularge, n’a pas connu plus de 4 noeuds de vent tout au long de la journée. C’est donc sagement et la mort dans l’âme que la direction de course a renvoyé tout le monde au port sans avoir couru. Seuls les “grands” IRC, groupes A et B peuvent ce soir afficher un premier classement à l’issue de la régate validée hier. Le proto de 80 pieds Highland Fling d’Irvine Laidlaw a survolé la régate en temps réel comme en temps compensé. Le Swan 601 Arobas de Gérard Logel profite lui d’un bon “rating” pour souffler la seconde place au redoutable proto Judel Vrolijk Jethou de Sir Peter Ogden. Le grand Reichel Pugh Shockwave est en embuscade tandis que Leopard 3 n’a pu compenser son désastreux rating et pointe en 12 ème position. Avec un vent appelé à se renforcer ces prochains jours, nul doute que ce très provisoire classement puisse encore voler en éclat.

Lutte toute aussi serrée en IRC B où le Sly 42 Cachou ne devance en temps réel comme en temps compensé le Sydney 46 Adrenaline VI que d’une poignée de secondes. Le Swan 45 Vertigo complète ce provisoire podium que le véloce proto Ker 53 Dralion intouchable en temps réel convoite avec avidité.

.. Et les Wally
Les futuristes Wally ont à peine été logés à meilleure enseigne que leurs collègues Modernes et Maxis. Un premier départ pour un parcours de type “Banane” a été donné vers midi. Eole n’a hélas pas tenu la longueur et après un premier bord de portant “acceptable”, l a remontée poussive au plus près d’un flux asthmatique a contraint la direction de course à réduire le parcours au terme du deuxième bord de près. Les 6 Wally en lice ont ainsi pu franchir une ligne d’arrivée dans de tout petits airs.

Le partenaire du jour

Rolex

Au côtés des «Voiles de Saint-Tropez» pour la sixième année consécutive, Rolex fait partie du Club des Partenaires. Cette manifestation est en parfaite adéquation avec l’élégance et l’esprit de compétition véhiculés par Rolex sur les mers du monde entier depuis de nombreuses années. Il est naturel que Rolex soutienne cette course qui rassemble, chaque année, les plus extraordinaires voiliers modernes aux côtés des plus beaux yachts classiques, rendant ainsi hommage à la tradition, au sens tactique, à la technologie et à l’esprit d’équipe.

Le «Trophée Rolex» sera attribué lors de la cérémonie de remise des prix, dimanche 2 octobre à 11 heures, au voilier de «Tradition» de plus de 16 mètres ayant cumulé le moins de points sur l’ensemble des régates. Le vainqueur recevra alors une Rolex Submariner, partenaire emblématique de tout exploit nautique.

En 2010, Rolex a récompensé Ikra devant Rowdy et Thendara, après les succès de So Fong en 2006 et Agneta en 2007.

Le Trophée ROLEX est ouvert aux Yachts de Tradition dont la longueur L.T (longueur sur le pont) est supérieure ou égale à 16 m. Le classement est établi à partir des classements des courses courues pendant les Voiles de Saint-Tropez.

Ils sont à Saint Tropez....

Sébastien Josse
Considéré comme l’un des meilleurs marins de sa génération, performant sur nombre de supports, du Figaro aux 60 pieds Imoca et bientôt Multicoque MOD 70, Sébastien Josse, Méditerranéen bon teint, pilier du Team “Gitana”, est naturellement présent aux Voiles. Le fleuron de la saga des voiliers Gitana, le sloop tout aluminium signé Olin Stephens, Gitana VI, participe régulièrement au grand rendez vous Tropézien et c’est avec un plaisir immense que Josse participe à perpétrer la légende des Gitana. Gitana VI fut lancé en 1975 à la demande du Baron Edmond de Rotschild en Hollande. Double vainqueur de la Giraglia, le voilier navigue toujours avec des membres de la famille à bord. C’est en 2000, que le Gitana Team fut créé, une écurie de course au large dédiée à la passion de la vitesse sur l’eau et à l’éclosion des talents.

Yann Gouniot.
Vainqueur de la Coupe de l'America 2007 avec Alinghi et champion du Monde de Match Racing, ce breton d'adoption est un régatier reconnu sur le circuit international. On le retrouve sur les TP52, les Wally et les RC44...

Stève Ravussin, navigateur Suisse équipier de Franck Cammas, navigue sur le 15 m JI Mariska.

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs...

Le plus ancien..
Victory a été construit en 1884. Il est ainsi le plus ancien voilier à St Tropez cette année, devançant Partridge d’un an ! Il appartient dans la même famille (Carne) depuis plusieurs générations. Il mesure 8,22 m à ligne de flottaison, avec 1,37m de tirant d’eau, portant 93 metres carrés de voile, grand bout dehors
Victory figurait parmi les 35 bateaux de pêche qui draguaient des huitres dans la baie de Falmouth. Cette pêcherie est unique. Depuis toujours, l’utilisation des moteurs pour draguer est interdit pour contrôler la pèche. Les pécheurs d’huitres doivent draguer sous voiles. Les Falmouth working boat naviguent toujours en régate chaque année dans l’embouchure de la Fal.

25 Tofinous!
Réplique des années 30, le Tofinou est un dériveur lesté de 7m au faible franc bord, somptueusement habillé de teck et d'acajou verni. Construit par le chantier Latitude 46 de saint Martin en Ré, il séduit par la beauté et l'harmonie de ces lignes chères à son époque.

25 Tofinous, un record, régatent aux Voiles de saint Tropez ; Ils courent en flotte au sein des voiliers Classiques, sur les mêmes parcours que les prestigieux yachts d'époque et de tradition. Parmi ces 25 Tofinous, on compte 4 Tofinou 12 mètres, dernier né du chantier.

Ce "Maxi" Tofinou offre une cabine spacieuse avec 4 larges couchettes, une cuisine et des toilettes séparés. Ce nouveau Tofinou est idéal pour passer une nuit dans les îles. Belle-Ile, Porquerolles, ou toutes autres destinations de rêve.

Comme ses sisterships, le plan du Tofinou 12m a été dessiné par le célèbre architecte naval Michel Joubert. Ce bateau aux lignes pures et élégantes offre à son propriétaire le plaisir de barrer un bateau rapide et sûr.




Maguelonne Turcat - 27 Septembre 2011



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