VOILES DE SAINT-TROPEZ, place au sport


C’est tout un volet éminemment sportif de l’édition du trentenaire des Voiles de Saint Tropez qui s’ouvrira dès demain au large du Golfe, avec les départs cadencés et programmés à partir de 11 heures des 173 IRC engagés, dans l’attente de l’entrée en lice mardi des yachts Classiques, . Quatre classes de jauge rassemblant chacune près de 45 unités ont été définies cette année, soit une classe de moins que l’an passé, les IRC D et E étant réunis au sein d’un même groupe D. Du sport à tous les étages, avec une mention particulière peut-être dans le registre des IRC A, où Maxi Yachts et grands protos vont s’affronter en un combat de titans. Pendant ce temps, les Yachts Classiques prendront doucement leurs marques. 52 d’entre eux sont arrivés dimanche en milieu d’après-midi toutes voiles dehors saluer le Portalet au terme des 22 milles du parcours de ralliement entre Cannes-Saint Tropez, dans le cadre de la Coupe d’Automne du Yacht Club de France, Trophée Cannes-Saint Tropez.



Les voiles de Saint-Tropez
Les voiles de Saint-Tropez
Somptueux groupe de Maxis
Le groupe des “grands” IRC A compte 43 maxi yachts dont l’affrontement s’annonce comme l’un des nombreux temps forts des Voiles. En l’absence du tenant du titre Ran , le Transpac de Niklaas Zenstroem, le jeu est plus que jamais ouvert pour les bêtes de course prototypes comme Jethou, le plan Judel/Vrolijk de Sir Peter Ogden, si proche de la victoire l’an passé et qui devra batailler ferme face à Leopard 3, l’immense Farr de Mike Slade recordman de la traversée de l’Atlantique, Shockwave, le Reichel-Pugh américain et une armada impressionnante de Swan de 60 à 90 pieds. Sojana, le Farr 115 avec Lionel Péan à son bord, rivalisera avec nombre de maxi yachts de 100 pieds et plus, Highland Breeze (Swan 112), Chrisco (CNB 100) ou l’élégant F Class 115 Firefly, sans oublier naturellement le J Class Shamrock V.

Tableau ouvert en IRC B
Le Groupe des IRC B rassemble d’élégants “racers-cruisers” de 15 à 18 mètres environ. Il s’agit d’une classe particulièrement homogène, très compétitive et qui rassemble cette année à Saint Tropez l’élite des régatiers Méditerranéens. Les Swan traditionellement dominateurs dans le golfe verront leur superbe sérieusement contestée par nombre de Grand Soleil, Brenta, Farr, First et autres Bénéteau . Near Miss, le TP 52 Suisse de Franck Noël fait figure d’épouvantail. Il devra “digérer” un rating peu favorable pour résister aux ambitions des spécialistes de la Méditerranée, Lady First à Jean Pierre Dreau ou le Brenta 55 Imagine.

Geranium Killer pour une consécration en IRC C
En l’absence de ses protagonistes habituels Glenn Ellen et Savann Madrac, c’est un autre Méditerranéen, l’A 40RC Geranium Killer qui s’impose comme favori d’un groupe fort de 44 voiliers. Les accessits semblent très ouverts et la lutte sera là encore chaude entre les 40 et 35 pieds tous spécialement préparés sous les signatures Archambeau, Bénéteau, Grand Soleil, Bavaria ou Centurion.

Des nouveaux venus en IRC D
Les “petits” IRC D présentent cette année une flotte largement renouvellée de 42 unités. Les bateaux de l’année, Swift ( JPK 10,10), Pearl (Najad 355), Masandre et Bisou salé (First 30), Izmir (Sun Odyssey 36) ou le nouveau Dufour 405 arrivent tous aux Voiles avec l’ambition de marquer les esprits par une victoire de prestige. Ils devront composer avec des voiliers plus expérimentés et taillés pour l’exercice à l’image des J 109 Albacor IV et Althinimax mais aussi quantité de First 36,7 toujours aussi efficaces...

Coupe d’Automne du Yacht Club de France, Trophée Cannes - Saint Tropez
C’est aussi une forme de tradition à Saint Tropez ; nombre de concurrents Classiques choisissent de rallier en course Cannes et la Cité Tropézienne. Les vingt et quelques milles qui séparent les deux ports servent d’appétissants hors d’oeuvre aux Voiles. C’est dans un régime de petit temps orienté à l’est que les 52 concurrents répartis en 4 Classes se sont élancés à la mi journée au large des Lérins. Si un joli flux d’une douzaine de nœuds propulsait rapidement les voiliers devant Dramont, l’entrée dans le golfe de Saint Tropez s’avérait plus compliquée, les orages perturbant tant en force qu’en direction le régime de vent et le déroulement de la régate. Le comité de course décidait fort sagement de réduire le parcours et c’est le passage aux Issambres qui tenait lieu de ligne d’arrivée. Mariska (Fife 1908) menait alors la flotte devant la belle goélette Elena (Herreshof 1910) et Mercury, le sloop bermudien signé Crocker (1938).

Le partenaire du jour : Wally
Ils sont l'expression moderne de l'esprit inventif et sportif du yachting qui a présidé voici près de 150 ans à la construction par des amoureux des belles voiles et de belles coques des voiliers les plus élégants et les plus avancés dans la technologie de leur époque. Les Wally, nés de l'imagination et de la volonté d'un yachtsman averti, l'italien Luca Bassani, répondent exactement aux critères qui guidaient au siècle dernier les crayons des grands architectes navales, William Fife, Nat Herrreshoff et consorts. Performance, rapidité, élégance, habitabilité, luxe... avec une nuance pourtant, et de taille ; la volonté de Luca Bassani en imaginant ses Wally en 1991, était de pouvoir en famille, avec lui seul à la barre, piloter et manoeuvrer son grand yacht. Ainsi sont nés les Wally, des talents des meilleurs architectes du moment, les Germain Frers , Javier Soto, Bill Tripp ou Bruce Farr. 38 maxi Yachts sont ainsi nés de cette philosophie du yachting, affichant des longueurs de 20... à 50 mètres. Une Classe spécifique, la Wally Class a même vu le jour en 1998, permettant à ces voiliers d'exception de régater ensemble, avec leur propre rating et leur propre classement. C'est le cas aux Voiles de Saint Tropez où les 6 Wally présents régatent sur leur propre parcours au large de Pampelonne. Wally est devenu au fil des années un partenaire fidèle des Voiles de Saint Tropez, apportant, aux côtés des grands (et petits) yachts de légende, l'esprit de continuité d'un milieu en constante remise en question technologique.

Ils sont à Saint Tropez....

Marc Thiercelin et Luc Alphand, le duo qui s’élancera le 30 octobre prochain du Havre à bord de DCNS 1000 dans la Tansat Jacques Vabre. Luc Alphand navigue sur le Wally Ryokan2.
Sébastien Audigane, détenteur du record du tour du monde à la voile en équipage (Maxi cat Orange) et de la traversée de l’Atlantique Nord (Maxi tri Banque Populaire)
Bertrand DeBroc, Figariste, Vendée Globe, 60 pieds ORMA.... navigue sur le sloop italien Virtuelle.
Et tant d’autres encore...

C’est aux Voiles, et nulle part ailleurs...

Thiercelin hyperactif...
Marc Thiercelin, le skipper du 60 pieds open DCNS, est un “vieil” habitué des Voiles. Sa première participation en tant que coureur remonte à 1989. Il a enchainé les bons résultats à bord d’Aile VI durant trois éditions. 17 ans en IMOCA, 10 saisons en Figaro, le néo-Marseillais envisage désormais son avenir en mode multicoque. Il va réarmer le maxi trimaran “Oman Sail” pour un ambitieux programme de grands records, “toutes les grandes routes y compris la Route du Rhum...”

Les Voiles, temps fort de la vie du port et de la Cité
Franck Boumendil, adjoint au Maire de Saint Tropez, est en charge des affaires Maritimes. Il pousse avec énergie les dossiers parfois lourds et toujours ambitieux liés au développement du port, de son économie et de ses infrastructures. Toutes ses réflexions sont marquées du sceau omniprésent de la vigilance aux solutions durables. Les Voiles de Saint Tropez focalisent chaque fin d'été l'énergie de ses équipes et c'est en parfaite harmonie et avec un plaisir non dissimulé qu'il se met entièrement au service du succès de la manifestation.

100 ans de Jazz
C’était l’ambition du Jean Pierre Verdolini Jazz Band en ce premier dimanche des Voiles ; accompagner l’entrée toujours majestueuse des grands classiques dans le petit port de Saint Tropez au rythme des grands standards du Jazz. Le Jazz band Lyonnais avait sonorisé les quais autour d’un immense piano à queue Steinway et a revisité les grands classiques d’un jazz populaire et entrainant, d’Ella Fitzgerald et Louis Armstrong à Aretha Franklin, Stevie Wonder et même Michael Jackson. Avec son grand piano en tête de proue, deux chanteuses, dont une de Gospel, un chanteur, un bassiste, un saxophone et Jean Pierre Verdolini à la batterie ont réservé aux régatiers le plus surprenant et le plus coloré des accueils.

Météo du lundi 27 septembre :
Régime anticyclonique sur le golfe de Gênes. Le vent léger oscille au rythme de la journée du secteur Est au secteur Ouest, pour 5 à 6 noeuds en début d’après mdi. Soleil généreux et températures élevées.




Maguelonne Turcat - 25 Septembre 2011



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