Le Voilier Banque Populaire continue la bataille


A un peu plus de 24 heures de l'abordage de l'arc antillais, les concurrents de la catégorie Imoca de la 10ème Transat Jacques Vabre s'apprêtent à conclure le premier acte de leur traversée atlantique. Une fois le passage négocié, un nouveau chapitre s'ouvrira, avec pour toile de fond une mer des Caraïbes dont on sait qu'elle est de nature à infliger de sévères punitions autant qu'à récompenser les marins à force de bons points. En attendant, c'est à l'attaque et dans un mouchoir d'une vingtaine de milles de leurs concurrents les plus proches que les marins du Mono 60' Banque Populaire entrent dans cette nouvelle semaine. Pour Armel Le Cléac'h et Christopher Pratt, tout reste à jouer !



Le Voilier Banque Populaire continue la bataille
C'est une nouvelle semaine qui s'ouvre sur la Transat Jacques Vabre et avec elle un volet capital du tracé, celui de l'atterrissage sur l'arc antillais et l'entrée dans la mer des Caraïbes. A environ 500 milles du point de passage, une navigation studieuse, encouragée par 25 nœuds d'Est Nord Est et des nuits agrémentées d'une belle luminosité distillée par la Lune, rythme la belle course des hommes de Banque Populaire. Contacté ce matin par son équipe à terre, Armel Le Cléac'h revenait sur ces dernières heures : "Nous avons eu un week-end un peu agité, avec un bon vent d'alizés assez tonique depuis maintenant trois jours. Notre vitesse moyenne est assez élevée avec du vent portant. On est obligé de barrer tout le temps parce que l'état de la mer est compliqué à négocier. Dans ce type de conditions de navigation, il faut être extrêmement vigilant pour éviter toute sortie de route. C'est assez physique, plutôt usant".

Situation stimulante
Sollicités par des heures passées à la barre, Armel Le Cléac'h et Christopher Pratt devront toutefois garder toute leur fraîcheur pour la suite. Ainsi le prochain chapitre s'incarnera-t-il dans de brèves retrouvailles avec une sensation terrestre, au passage des Antilles, avant un plongeon dans une mer qui leur est encore relativement inconnue. Mais pour le skipper de Banque Populaire, l'heure est surtout à l'observation poussée et méthodique de la concurrence. Régatier confirmé, le marin de Saint-Pol-de-Léon devrait trouver dans les prochaines heures de quoi assouvir sa soif de marquage océanique : "Ca risque d'être une course de vitesse pendant encore 36 heures, jusqu'à notre arrivée sur l'arc antillais qui devrait se faire par Porto-Rico. La situation est assez stimulante. Nous regardons de très près nos concurrents directs, Bureau Vallée et surtout Macif. Demain soir on aura une idée plus précise des écarts exacts qui existent entre nous. Nous avons croisé François Gabart et Sébastien Col de près ces dernières heures et avons passé un peu de temps avec eux. C'est bien, ça nous permet d'être à l'attaque tout le temps et comme nos bateaux sont très proches voire quasi identiques, le moindre écart de vitesse en plus ou en moins se paye. A ce stade les plus petits détails font la différence".

Déjà demain
Joueur incorrigible autant que fin stratège, Armel Le Cléac'h s'en donne à cœur joie depuis le départ de Normandie. A 1 500 milles de l'arrivée, les speed-tests avec ses principaux concurrents et néanmoins camarades d'entraînement à Port-La-Forêt, sont son lot quotidien. Mais pour le skipper de Banque Populaire, l'intérêt va au delà d'un simple bras de fer Atlantique. Ainsi, le jeune homme pense t-il déjà à la suite : le grand rendez-vous en solitaire que sera le Vendée Globe 2012 mais avant cela, la B to B, transat retour en solitaire qui mènera la Classe Imoca de Saint-Barth à Lorient, une fois la Transat Jacques Vabre achevée : "On commence à bien maîtriser le bateau. On partait un peu à l'inconnu car on ne connaissait pas le Mono 60’ Banque Populaire sur des grandes courses comme celle-ci. Depuis le départ du Havre, on a tout rencontré comme conditions et on n'a pas eu un moment de répit. Ca nous permet d'avoir une vision plus globale du bateau au large. C'est très plaisant. Il est vraiment très agréable à barrer. Au fur et à mesure que les jours avancent, je commence à imaginer le retour en solitaire..." .




Mille & une vagues - 14 Novembre 2011



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