Champ de mines à moins de 500 milles de l’arrivée


Après 20 jours de mer, les deux premiers du classement général viennent de franchir la barre symbolique des 500 milles. Gildas Morvan et Charlie Dalin sur Cercle Vert emmènent toujours la flotte de la Transat AG2R LA MONDIALE. À 26 milles derrière, Erwan Tabarly et Eric Peron sur Nacarat sont à la chasse, mais un invité de dernière minute met à mal les 16 tandems. Cet invité n'est autre que la Sargassum, une algue qui pourrit littéralement la vie des marins. Pendant ce temps-là, à Saint-Barthélemy, le village officiel de la course monte en puissance avec de nombreuses animations pour les petits et les grands. Attendu dans la soirée de dimanche, le premier Figaro Bénéteau 2 sera acclamé par une foule déjà acquise à la cause.


Champ de mines à moins de 500 milles de l’arrivée
Ils en parlent depuis quelques jours mais là la coupe est pleine. Ils n’en peuvent plus. Ce raz le bol ne provient pas des conditions, qui pour une fois se révèlent idéales pour surfer à vive allure, mais de la rencontre d’un invité gênant et collant. Il s’agit en fait de la Sargassum, une algue qui provient de la mer des sargasses et qui dérive sur l’Atlantique au grand dam des skippers. Plusieurs fois par jour, les marins doivent faire le ménage sur les appendices. L’accumulation de ces algues sur les safrans gêne considérablement le barreur qui doit redoubler de vigilance afin d’éviter la sortie de route surtout sur les longs surfs qu’ils sont en train d’effectuer dans un alizé généreux. « Ce qui complique le jeu ce sont les algues sargasses, elles sont entre deux eaux. C’est un peu la galère pour les éviter, on passe notre temps à les enlever », nous confiait Charlie Dalin, un peu agacé de cette présence. Un skipper nous confiait même que la vitesse du bateau se trouvait amputée d’environ 10%.

Outre cette difficulté, les marins naviguent vite vers Saint-Barthélemy qu’ils devraient atteindre, pour le premier, dans la soirée de dimanche. En attendant au menu, surfs sur une mer plus forte que le vent ce qui permet de belles glissades que tous attendaient avec impatience. « Enfin des vrais alizés !! Là ce sont des vrais surfs, ça glisse bien, ça pointe à 30 nœuds. On avait fait un peu trop de tribord, mais on fait avec. Ca peut être intéressant… Même derrière ils ne sont pas très loin, une arrivée de parcours banane ! Cercle Vert et Nacarat sont un peu détachés, mais pour la 3e position ça reste ouvert. On est au taquet, on négocie chaque vague », avouait Michel Bothuon sur Les Recycleurs Bretons. En effet, entre la troisième et la huitième place, les jeux sont très ouverts pour les tandems et personne ne semblent en mesure de faire la différence. Seuls 16 milles séparent Banque Populaire, troisième, de Gedimat, huitième. Le ton de la voix de Fabien Delahaye en est la meilleure preuve. Jovial lors de la vacation d’hier, la tendance est désormais à la retenue et à la concentration pour le jeune skipper de Macif. Il leur faudra travailler désormais chaque vague, chaque petite variation du vent et surtout ne rien lâcher pour grappiller ces quelques milles qui peuvent, au final leur permettre d’entrevoir le podium. « En distance au but on très serré avec Banque Populaire, environ 1 mille derrière, mais on ne les voit pas ! On est resté sous spi léger et ça passe très bien, donc on ne prévoit pas de changement de voile pour le moment. »
Un final intense donc que vont suivre des centaines de personnes le long des quais du port de Gustavia avant de se rendre sur le village officiel de la course pour accueillir comme il se doit deux grands marins.

Aujourd’hui, vendredi 11 mai, la Trophée AG2R LA MONDIALE de la Performance revient à EDM Pays Basque Entreprises avec 243,9 milles en 24 heures.

Ils ont dit :

Charlie Dalin (Cercle Vert)
« On a eu pas mal de vent ces dernières heures. Ce qui complique le jeu ce sont les algues sargasses, elles sont entre deux eaux. C’est un peu la galère pour les éviter, on passe notre temps à les enlever. On se retrouve confronter à des nappes impressionnantes. Sur le dernier relevé, on était à environ 460 milles de la distance au but. Jusqu’à présent on fonctionnait sur des quarts de 2 heures. Là on a réduit à 20 mn pour permettre au barreur de rester concentré au maximum. La nuit dernière on a eu 20 nœuds de vent, çà reste largement maniable. Le bateau remonte sous le vent sous spi. »

Gérald Veniard (Banque Populaire)
« Cà va mais pour tout vous dire, on a passé une sale nuit, la mer était difficile. On a traversé une mer de sargasses, des champs d’algues… C’est assez impressionnant ! Elles s’accrochent aux appendices du bateau, la quille et le safran et je peux vous dire que ce n’est pas simple de les enlever. On y laisse beaucoup d’énergie et çà peut être dangereux, le bateau peut vite partir au lof. Elles ralentissent notre navigation. Quand elles commencent à coller sur la face avant, le bateau avance forcément moins vite. On a un peu moins d’algues ce matin mais Jeanne continue de les enlever, elles sont à la surface et 20 cm en dessous. Je suis assez surpris de les voir ici. »

Fabien Delahaye (Skipper Macif)
« Tout va bien mais les algues ne nous lâchent pas. C’est pénible et cette nuit c’était très gênant. Il faut être très attentif à la barre. On a pas mal de vent. En distance au but on très serré avec Banque Populaire, environ 1 mille derrière, mais on ne les voit pas ! On est resté sous spi léger et çà passe très bien, donc on ne prévoit pas de changement de voile pour le moment. On fait des quarts d’une heure. L’absence de lune complique fortement notre navigation, on avance comme une voiture sans phares. Cette nuit la mer était vraiment désordonnée donc on partait assez rapidement au surf sur un champ de bosses. L’attention est vraiment de rigueur, on doit rester bien éveillés. »

Alexandre Toulorge (Cornouaille Port de pêche)
« On a la position la plus au nord de la flotte. Ce n’est pas vraiment confortable pour nous. C’est un peu délicat. On verra au moment de l’empannage. Là on espère une petite bascule à droite. On est quand même assez satisfait de notre course. On essaye de glisser un peu plus en tirant sur la barre mais ce n’est pas évident la mer est un véritable calvaire, des nappes d’algues entourent le bateau et freinent notre route. On ne peut pas les éviter, on passe beaucoup de temps à enlever les algues et çà nous bouffe pas mal d’énergie. Le bateau répond mal aux consignes de la barre. Il faut être très vigilant. »


Rivacom - 11 Mai 2012

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