« Cap Istanbul ou comment entrer dans le top 5 du championnat de France »Sacrée saison pour une « revenante » sur le circuit Figaro ! Un retour plus que remarqué dès la Transat Ag2r La Mondiale en mai dernier avec une superbe 2nde place et dernièrement sur la Solitaire du Figaro, avec une belle 11ème place au classement général. Et voilà qu’il est déjà l’heure pour Jeanne Grégoire et le Figaro Bénéteau Banque Populaire de mettre les voiles sur Hyères pour la Cap Istanbul dont le départ sera donné le 19 septembre prochain. Les enjeux ne sont pas des moindres, et l’objectif est clair : se hisser dans le top cinq du Championnat de France de Course au large en Solitaire.
Cap sur Istanbul
Après un an d’absence, Jeanne Grégoire est revenue comme promis et avec la manière : 2ème de La Transat Ag2r La Mondiale, 9ème de la Quiberon Solo et 11ème de La Solitaire du Figaro, la navigatrice a réalisé un parcours quasi exemplaire. Comme les 25 autres Figaristes qu’elle retrouvera sur la ligne de départ à Hyères le 19 septembre, elle sera fatiguée sûrement, déterminée sans aucun doute… 1590 milles nautiques les attendent, quatre étapes… en Méditerranée, de Hyères à Istanbul en passant par Ragusa en Sicile, Athènes en Grèce, Didim et Bozcaada en Turquie. Depuis le mois de mars, les milles s’enchaînent à une vitesse infernale et c’est donc sur les eaux de la Grande Bleue, réputées difficiles, que le Figaro Banque Populaire va clore cette belle saison. Une deuxième participation pour Jeanne qui avait terminé 13ème en 2008. Si la navigatrice avoue qu’il est plus que jamais difficile de se fixer des objectifs sur une telle épreuve, son souhait est de figurer dans les cinq au Championnat de France de Course au large en Solitaire (Jeanne est actuellement 6ème au classement provisoire). « La Méditerranée n’est pas a priori mon terrain de jeu favori, je n’ai pas de feeling particulier ! La météo est extrêmement complexe, on ne sait jamais ce qui peut se passer et encore moins le comprendre… J’y vais avec les batteries rechargées à fond, une réelle volonté de bien faire pour ne rien regretter. J’ai pris un peu de repos la semaine dernière pour avoir les idées bien claires donc c’est parti, il est déjà temps de se remettre en configuration solitaire » explique Jeanne, « d’ici le départ, nous avons un programme chargé avec le Pôle Finistère Course au large, du sport, un débriefing météo de La Solitaire et un briefing pour la Cap Istanbul. Je ne me suis pas encore penchée dans les détails sur le parcours mais j’ai retenu une chose, une arrivée d’étape à Athènes : c’est mon rêve ! » Jamais sans mon préparateur Pour l’accompagner au fil des courses, Jeanne Grégoire a trouvé l’homme de la situation : son préparateur, Antoine Chartiez. C’est en binôme que ces deux là fonctionnent toute l’année, lui dans son camion, elle sur son Figaro. En ce début de mois de septembre, Antoine est plus que jamais sur le qui-vive pour que Jeanne puisse repartir dans les meilleures conditions sur La Cap Istanbul. Après un convoyage difficile depuis Cherbourg-Octeville en raison des conditions météo, le Figaro n’est arrivé à Port-La-Forêt que vendredi dernier. Sortie de l’eau, démâtage et embarquement sur le camion qui l’emmènera par la route jusqu’à Hyères, la semaine est déjà bien chargée. « Quand elle est en compétition, je le suis aussi ! Pour nous, il y a une autre course dans la course » précise le préparateur. Cette fois-ci à l’occasion de la Cap Istanbul, les données vont quelques peu variées puisque c’est en mer qu’Antoine va suivre le skipper de Banque Populaire, « le parcours de l’épreuve est tel qu’il est impossible de suivre en camion, les organisateurs ont donc décidé de nous faire suivre la course par la mer. Nous serons en tout 13 « prépas » sur un ou deux bateaux, c’est en cours de décision. D’une certaine manière, nous serons en course également et cela nécessite une préparation différente, nous allons mettre en commun tout le technique, accastillage, etc… Et nous aurons chacun les affaires personnelles de nos skippers avec évidemment un poids maximum autorisé, ce sera une toute autre logistique. Nous devrons faire chacun nos quarts en mer et être opérationnels aux arrivées et aux départs. C’est encore une nouvelle expérience ! » C’est sur lui qu’elle pose son dernier regard avant de quitter les pontons, c’est lui qui encaisse les premières réactions à l’arrivée des étapes. Il est aussi sensible qu’elle peut être intransigeante, aussi féminin qu’elle peut être masculine… Ce duo là fonctionne pour le meilleur toujours, et pour le pire finalement très rarement. Et au jeu des questions/réponses, ils sont bien sur la même longueur d’onde : La première rencontre ? Jeanne : « Dans ma cuisine ! Il nous a aidés pendant les travaux de la maison, plutôt efficace ! Il était en fin de contrat, je me suis dit « tiens il se pourrait bien que soit l’homme de la situation » Antoine : « On en a discuté l’année dernière, cela a toujours bien fonctionné entre nous. J’avais de mon côté quelques projets mais elle a su me convaincre ! Je me suis décidé un peu avant le Salon Nautique, ce qui m’a permis de commencer dès le mois de janvier pour le chantier d’hiver et la nouvelle décoration du bateau.» La clé d’une équipe qui fonctionne ? Jeanne : « Il y a une vraie complicité entre nous car humainement cela fonctionne. On sait se concentrer sur le bateau mais en dehors on n’est capable de parler d’autre chose, presque comme deux copines (rires). Il me comprend tout de suite, sait quand ça va ou pas ! C’est important car quand tu prends une « bâche », tu n’as pas envie d’avoir quelqu’un qui te le reproche à l’arrivée. Il me pousse tout de suite vers autre chose pour ne pas ressasser et aller de l’avant. » Antoine : « Une relation simple et sincère ! Il n’y a pas de rapport patron/employé. On construit le projet ensemble avec Banque Populaire, j’ai eu la chance de faire du handball à haut-niveau, donc le travail d’équipe cela me connaît. Je pense que c’est notre force d’échanger, et de se pousser l’un et l’autre vers le haut. Entre deux étapes, on va courir ensemble, ça lui permet de se dépasser autrement qu’en navigation et qu’elle se rende compte qu’elle est capable de le faire… » Combien de milles en mer pour Jeanne et de kilomètres à terre pour Antoine parcourus cette année ? Jeanne : « Pas loin des 6500 milles pour le moment et ce n’est pas fini ! » Antoine : « Je ne dois pas être loin des 7000 km cette année, sans compter l’aller-retour à Saint Barthélemy qui était nettement plus confortable que dans mon camion… » Comment vous répartissez-vous les tâches techniques sur le Figaro ? Jeanne : « Au début, je préparais des « joblists », au moins pour définir les priorités. Désormais, il connaît le bateau aussi bien que moi ! Sur les phases de transition, comme cette semaine, on reprend les choses à zéro, on refait un point global car dès que le bateau va arriver à Hyères, cela va s’enchaîner très vite. » Antoine : « Banque Populaire est un bateau abouti, Jeanne court sa 5ème saison dessus, il est donc quasi sur-mesure. Au quotidien, je suis assez libre, je gère l’entretien comme je l’entends mais nous échangeons beaucoup car je navigue très peu sur le bateau, Jeanne a un vrai boulot de validation et moi j’optimise derrière. Le fait d’avoir préparé beaucoup de bateaux me donne des idées nouvelles, applicables ou non à Banque Populaire d’ailleurs… du coup, on discute pas mal. Enfin, Jeanne n’est pas la championne du monde de l’informatique, donc là-dessus, elle me laisse gérer. » En savoir plus : www.voile.banquepopulaire.fr CP Mille & une vagues - 2 Septembre 2010
Dans la même rubrique :
|
Info Régates
Vidéo Nautisme
|
||
























