Barcelona World Race, tous derrière et lui devant


A un peu plus de 48 heures de l’arrivée à Barcelone, le destin du monocoque bleu semble tout tracé. Derrière, le dauphin MAPFRE est bien trop loin. Devant, la voie est dégagée avec une météo sans coups fourrés. Pour Jean-Pierre et Loïck, c’est un peu chronique d’une victoire annoncée…


Barcelona World Race, tous derrière et lui devant
Hier soir, quelques heures avant d’entrer dans le goulet du détroit, Virbac-Paprec 3 est passé à 450 mètres des rochers du cap Espartel au Maroc… une vraie ‘madeleine’ pour Loïck Peyron qui se rappelle de son enfance à Tanger et des promenades familiales le long de la côte pour aller voir l’océan, jusqu’à ce bel endroit, le cap Espartel, avec les cargos en toile de fond. En général, mieux vaut admirer ces poids lourds des mers depuis la terre que de se retrouver in situ, en plein milieu du trafic. Or, depuis 48 heures, Virbac-Paprec 3 évolue dans ce ballet des navires de commerce. Il ne faut donc pas relâcher la veille. Dans ce contexte et avec 40 nœuds de vent dans le nez, la nuit dernière à Gibraltar a été particulièrement rude. « Les pires conditions jamais rencontrées par le bateau depuis le début de la course » commente Loïck. Pour éviter de solliciter la structure du bateau, les deux hommes progressent depuis en « convoyage rapide ». Ce matin, ils faisaient leur entrée en mer d’Alboran. Leur navigation au près est toujours pénible mais cet ultime calvaire va bientôt prendre fin. Samedi soir, du côté du Cap de Gata, à la hauteur d’Almeria, le vent va progressivement mollir et varier en direction. Les 175 derniers milles entre les Baléares et la ligne d’arrivée seront plus tranquilles et plus aléatoires même si, promet le météorologue Marcel van Triest, il y aura toujours un peu de vent. Virbac-Paprec 3 est attendu à Barcelone lundi au petit matin.

Après la Barcelona World Race, les Jeux ou la Volvo ?
Quoi qu’ils fassent, Iker Martinez et Xabi Fernandez auront au moins une vingtaine d’heures de décalage avec le bateau bleu. Soit un passage à Gibraltar samedi dans la journée et une arrivée à Barcelone mardi prochain. A la visio-conférence du jour, ils ont eu la surprise de se voir encouragés par une partie de l’équipe olympique espagnole présente à la semaine de Palma. Un joli moment de complicité, y compris entre Iker et son fils âgé d’un an. Seront-ils présents en 49er pour participer aux J.O de Londres ? Telle était la question. Les deux champions ont promis d’annoncer leurs intentions dans les prochains jours.

Plus loin, au large de Madère, la bagarre pour la troisième marche du podium est en train de tourner à l’avantage de Renault Z.E. Grâce à une stratégie parfaitement anticipée et maitrisée, Pachi Rivero et Antonio Piris ont réussi à garder le contrôle de leur position. On voit mal comment les choses pourraient tourner en leur défaveur d’ici Gibraltar.

Trop chaud pour un homme du nord
Dans un message plein d’humour, Wouter Verbraak se plaignait de la chaleur qui régnait à bord d’Hugo Boss actuellement dans les alizés de l’hémisphère sud. La clim’ est en panne car il a fallu fermer les portes de la descente à cause des embruns. Pas de hamac suspendu sous la bôme pour s’assoupir négligemment, et encore moins de machine à glaçon. Aussi suggérait-il de dégrader d’une étoile ce séjour touristique le long des côtes brésiliennes, où il fait bien trop chaud pour un hollandais résidant en Norvège !

En bref :
Ce matin à 1h35 TU (3h35 heure française), Virbac-Paprec 3 a passé le détroit de Gibraltar, à la longitude de Tarifa, après 90 jours 13 heures et 35minutes de course très exactement. Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ont mis 28 jours 15 heures et 15 minutes pour remonter l’océan Atlantique depuis le Cap Horn.

Classement du 1er avril à 16 heures (TU+2) :
1 VIRBAC-PAPREC 3 à 420,9 milles de l’arrivée
2 MAPFRE à 268,9 milles
3 RENAULT Z.E à 1014,4 milles
4 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 1255,4 milles
5 NEUTROGENA à 1364,5 milles
6 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1934,7 milles
7 HUGO BOSS à 3188 milles
8 FORUM MARITIM CATALA à 3800,8 milles
9 WE ARE WATER à 6406 milles
10CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 10686,9 milles
ABN FONCIA
ABN PRESIDENT
ABN GROUPE BEL
ABN MIRABAUD

Ils ont dit :

Loïck Peyron, Virbac-Paprec 3 : « Le passage de Gibraltar a été laborieux. Nous dormons maintenant à tour de rôle pour récupérer de la nuit. C’est le pire moment du navire. Nous avons pris beaucoup de vent, 40 nœuds, avec une mer à tout casser. C’est encore le cas en mer d’Alboran. Bienvenue en Méditerranée, la mer la pire parfois. C’est joli pour se baigner, mais pas pour les bateaux quand on a le vent dans le nez. C’est notre cas depuis 15 jours. C’est un peu long. Nous n’avons pas choqué les écoutes depuis ce fameux Pot au Noir. Nous sommes depuis au prés, au prés, au prés. En ce moment cela tape énormément. Nous sommes passés proches des côtes marocaines pour nous changer les idées, mais surtout pour nous protéger des vagues. C’était souvent trop court, car il fallait repartir chaque fois au large. Le début de la nuit était assez sympa. Nous avons rasé le Cap Espartel, la pointe Nord-Ouest du Maroc, un cap que je connais bien. Mon papa est né à Tanger. Ça me rappelle des souvenirs d’enfance. Nous allions nous balader sur ce Cap quand nous étions petits. C’est un peu comme un retour aux sources. C’était notre promenade pour aller voir l’océan. Aujourd’hui je suis sur cet océan. Nous sommes passés à quelques mètres, au ras des cailloux en pleine nuit. C’était magnifique. »

Xabi Fernandez (ESP), MAPFRE : « Nous devrions franchir Gibraltar cette nuit ou demain dans la matinée. Nous devrions arriver à Barcelone vers le 5 avril. Tout dépendra des conditions météo rencontrées en Méditerranée. Les prévisions annoncent peu de vent au début, puis du vent arrière. Cela fait longtemps que nous sommes partis. Il nous tarde de rentrer en Méditerranée.
Pour l’heure nous ne connaissons pas encore nos plans concernant les Jeux Olympiques. Il faut déjà arriver à Barcelone. Et alors nous vous dévoilerons nos plans. »

Damian Foxall* (IRL), vainqueur de la précédente Barcelona Wolrd Race avec Jean-Pierre Dick : « J’ai passé plusieurs fois le détroit de Gibraltar, mais jamais avec autant de vent qu’avec Jean-Pierre Dick lors de la précédente édition de la Barcelona World Race. Après 88 jours en mer, le plus dur n’était pas pour nous, mais bien pour le bateau. Avec quelques petits problèmes techniques, comme la casse de l’étai dans l’Atlantique Sud, nous faisions énormément attention au matériel, d’autant que l’on se rapproche de la fin. La dernière fois ce n’était pas la météo que nous souhaitions. Tout s’était bien déroulé au final. Le bateau a tenu. Nous sommes passés en Méditerranée sans souci. Alex Thomson et Andrew Cape, Hugo Boss, avaient encore eu un peu plus de vent que nous. Le passage de Gibraltar est toujours un moment de stress. Il faut toujours faire attention au matériel. Même si l’on est toujours en course, la priorité est au mode marin. »


Barcelona World Race - 2 Avril 2011

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